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Pour le socialisme, la République et la démocratie.

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28 octobre 2016

Déclaration du chef d'Etat major américain du 4 octobre 2016

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28 avril 2015

CLASSE PARTI ET DIRECTION / POURQUOI LE PROLETARIAT ESPAGNOL A-T-IL ETAIT VAINCU (LEON TROTSKY) ETE 1939

Classe, parti et direction
Léon Trotsky
Pourquoi le prolétariat espagnol a-t-il été vaincu ?
(Questions de théorie marxiste)
été 1939

 



A quel point le mouvement ouvrier a reculé, on ne peut en juger seulement à partir de l’état des organisations de masse, mais aussi en étudiant les regroupements idéologiques en cours et les recherches théoriques dans lesquelles sont engagés tant de groupes. A Paris paraît le périodique "Que faire ?" qui, pour une raison ou pour une autre, se considère comme marxiste mais se situe en réalité entièrement dans le cadre de l’empirisme des intellectuels bourgeois de gauche et de ces travailleurs isolés qui ont pris tous les vices des intellectuels.
Comme tous les groupes qui ne possèdent ni bases théoriques ni programme ni traditions, ce petit périodique a tenté de s’accrocher aux basques du POUM – qui semblait offrir aux masses un raccourci pour la victoire. Pourtant le résultat de la révolution espagnole est à première vue inattendu : ce périodique n’a pas progressé, mais au contraire reculé. En vérité, c’est dans la nature des choses. Les contradictions se sont tendues à l’extrême entre la petite bourgeoisie et le conservatisme, d’une part, les nécessités de la révolution prolétarienne, de l’autre. Rien de plus naturel que les défenseurs et interprètes de la politique du POUM aient été rejetés très loin en arrière, tant sur le plan politique que sur le plan théorique.
Que faire ? n’a en lui même et par lui-même aucune espèce d’importance. Mais il présente de l’intérêt à titre de symptôme. C’est pourquoi il nous semble utile de nous attarder sur l’appréciation qu’il porte sur les causes de la défaite de la révolution espagnole, dans la mesure où elle met en lumière les caractéristiques actuelles de l’aile gauche du pseudo-marxisme.
Nous commencerons par reproduire littéralement cette citation extraite d’un compte rendu de la brochure L’ Espagne livrée, de notre camarade Casanova : « Pourquoi la révolution a-t-elle été écrasée ? Parce que » répond l’auteur, « le PC a mené une politique fausse, malheureusement suivie par les masses révolutionnaires ». Mais pourquoi diable les masses révolutionnaires qui ont lâché leurs anciens dirigeants se sont-elles rangées sous les drapeaux du PC ? « Parce qu’il n’existait pas de véritable parti révolutionnaire ». Nous sommes en présence d’une pure tautologie. Politique fausse suivie par les masses, parti non mûr, ou bien c’est la manifestation d’une certaine disposition des forces sociales (non-maturité de la classe ouvrière, carence de la paysannerie) qu’il faut expliquer en partant des faits rapportés, entre autres par Casanova lui-même, ou bien c’est l’effet de l’action de certains individus ou groupes d’individus malsains, non contrecarrée par les efforts équivalents des « individus sincères » seuls capables de sauver la révolution. Après avoir effleuré la première voie, la voie marxiste, Casanova s’engage dans la seconde. Nous sommes en pleine démonologie. Le responsable de la défaite est le diable en chef, Staline, secondé par les diablotins, anarchistes et autres : le malheur a voulu que le dieu des révolutionnaires n’ait pas envoyé en Espagne un Lénine ou un Trotsky comme il l’avait fait en Russie en 1917.
La conclusion en découle : « Voici où l’on aboutit quand on veut à tout prix imposer aux faits l’orthodoxie desséchée d’une chapelle. » Cette morgue théorique est d’autant plus splendide qu’il est difficile de concevoir comment autant de remarques banales, triviales ou fausses, caractéristiques du genre philistin conservateur, ont pu être concentrées en si peu de lignes.
L’auteur du passage cité ci-dessus se garde bien de donner la moindre explication de la défaite de la révolution espagnole : il se contente d’indiquer qu’il faut recourir à des explications plus profondes, comme l’ « état des forces sociales ». Ce n’est pas par hasard qu’on évite ainsi toute explication. Ces critiques du bolchevisme sont tous des théoriciens peureux pour la simple raison qu’ils n’ont rien de solide sous les pieds. Afin d’éviter d’avoir à révéler leur propre faillite, ils doivent jongler avec les faits et rôder autour des opinions des autres. Ils se bornent à des allusions et des demi-pensées comme s’ils n’avaient pas le temps de donner des définitions tirées de leur propre sagesse. En vérité, ils n’ont pas de sagesse du tout. Leur morgue est inséparable de leur charlatanisme intellectuel.
Analysons une à une les allusions et les demi-pensées de notre auteur. Une politique fausse des masses ne peut s’expliquer selon lui que comme la « manifestation d’un certain état des forces sociales », c’est à dire « la non-maturité de la classe ouvrière » et « la carence de la paysannerie ». Si l’on est friand de tautologies, il serait difficile d’en trouver de plus plates. Une « politique fausse des masses » s’explique par leur « non-maturité » ? Mais qu’est ce que la « non-maturité » des masses ? De toute évidence, c’est leur prédisposition à suivre une politique fausse. En quoi consistait cette politique fausse ? Qui étaient les initiateurs ? Les masses ou les dirigeants ? Notre auteur ne souffle mot là-dessus. Et par cette tautologie, il transfère la responsabilité sur les masses. Ce truc classique, utilisé par tous les traîtres, les déserteurs et leurs avocats, est particulièrement révoltant quand il s’agit du prolétariat espagnol.
En juillet 1936 – pour ne pas remonter plus loin – les ouvriers espagnols ont repoussé l’attaque des officiers qui avaient mis au point leur conspiration sous l’aile protectrice du Front populaire. Les masses ont improvisé des milices et bâti des comités ouvriers, citadelles de leur future dictature. Pour leur part, les organisations dirigeantes du prolétariat ont aidé la bourgeoisie à dissoudre ces comités, à mettre fin aux assauts des ouvriers contre la propriété privée, et à subordonner les milices ouvrières au commandement de la bourgeoisie, avec, par dessus le marché, le POUM qui participait au gouvernement, prenant ainsi directement sa responsabilité dans le travail de la contre-révolution. Que signifie dans un tel cas la « non-maturité » du prolétariat ? De toute évidence, cela signifie simplement que, bien que les masses aient adopté une ligne juste, elles n’ont pas été capables de briser la coalition des socialistes, des staliniens, des anarchistes et du POUM avec la bourgeoisie. Ce modèle de sophisme procède du concept d’une sorte de maturité absolue, c’est à dire d’une condition de perfection des masses dans laquelle elles n’ont aucun besoin d’une direction, et, mieux encore, sont capables de vaincre contre leur propre direction. Or une telle maturité n’existe pas et ne peut pas exister.
Mais pourquoi des ouvriers, qui montrent un instinct révolutionnaire si sûr, et des aptitudes à ce point supérieures au combat, iraient-ils se soumettre à une direction traître ?, objectent nos sages. Nous répondrons qu’il n’y eut pas la moindre trace d’une telle soumission. La ligne de combat suivie par les ouvriers coupait à tout moment sous un certain angle celle de la direction, et, dans les moments les plus critiques, cet angle était de 180 degrés. La direction, alors, directement ou indirectement, aidait à soumettre les ouvriers par la force des armes.
En mai 1937, les ouvriers de Catalogne se soulevèrent non seulement malgré leur propre direction, mais contre elle. Les dirigeants anarchistes – bourgeois pathétiques et méprisables, se déguisant à peu de frais en révolutionnaires – ont répété depuis dans leur presse des centaines de fois que si la CNT avait voulu prendre le pouvoir en mai, elle l’aurait fait sans difficulté. Et cette fois, c’est la pure vérité que disent les anarchistes. La direction du POUM se pendit littéralement aux basques de la CNT et se contenta de couvrir sa politique d’une phraséologie différente. C’est seulement pour cela que la bourgeoisie réussit à écraser le soulèvement de mai de ce prolétariat qui « manquait de maturité ». Il faut n’avoir rien compris de tout ce qui touche aux rapports entre la classe et le parti, entre les masses et leurs dirigeants, pour répéter la phrase creuse selon laquelle les masses espagnoles n’ont fait que suivre leur direction. Tout ce que l’on peut dire là-dessus, c’est que les masses, qui ont sans cesse tenté de se frayer un chemin vers la voie juste, ont découvert que la construction, dans le feu même du combat, d’une nouvelle direction, répondant aux nécessités de la révolution, était une entreprise qui dépassait leurs forces. Nous sommes en présence d’un processus dynamique dans lequel les différentes étapes de la révolution se succèdent rapidement, au cours duquel la direction, voire différents secteurs de la direction, désertent et passent d’un seul coup du côté de l’ennemi de classe, et la direction qu’engagent nos sages demeure purement statique : pourquoi la classe ouvrière dans son ensemble a-t-elle suivi une mauvaise direction.
Il existe un vieil adage qui reflète la conception évolutionniste et libérale de l’histoire : un peuple a le gouvernement qu’il mérite. L’histoire nous montre cependant qu’un seul et même peuple peut avoir au cours d’une période relativement brève des gouvernements forts différents (Russie, Italie, Allemagne, Espagne, etc.), et en outre que l’ordre dans lequel ces derniers se succèdent n’est pas toujours dans le même sens, du despotisme vers la liberté, comme le croient les libéraux évolutionnistes. Le secret de cet état de fait réside en ce qu’un peuple est composé de classes hostiles, et que ces classes elles-mêmes sont formées de couches différentes, partiellement opposées les unes aux autres, ayant des directions différentes. Qui plus est, tout peuple subit l’influence d’autres peuples, composés eux-mêmes de classes. Les gouvernements ne sont pas l’expression de la « maturité » toujours grandissante d’un « peuple », mais le produit de la lutte entre les différentes classes et les différentes couches à l’intérieur d’une seule et même classe, et, enfin, de l’action de forces extérieures – alliances, conflits, guerres, etc. Il faut ajouter qu’un gouvernement, dès lors qu’il est établi, peut durer beaucoup plus longtemps que le rapport de forces d’où il est issu. C’est précisément à partir de ces contradictions historiques que se produisent les révolutions, les coups d’Etat, les contre-révolutions.
C’est la même méthode dialectique qu’il faut employer pour aborder la question de la direction d’une classe. Comme les libéraux, nos sages admettent tacitement l’axiome selon lequel chaque classe a la direction qu’elle mérite. En réalité, la direction n’est pas du tout le « simple reflet » d’une classe ou le produit de sa propre puissance créatrice. Une direction se constitue au travers des heurts entre les différentes classes ou des frictions entre les différentes couches au sein d’une classe donnée. Mais, aussitôt apparue, la direction s’élève inévitablement au dessus de sa classe et risque de ce fait de subir la pression et l’influence d’autres classes. Le prolétariat peut « tolérer » pendant longtemps une direction qui a déjà subi une totale dégénérescence intérieure, mais qui n’a pas eu l’occasion de la manifester au cours de grands événements. Il faut un grand choc historique pour révéler de façon aiguë la contradiction qui existe entre la direction et la classe. Les chocs historiques les plus puissants sont les guerres et les révolutions. C’est précisément pour cette raison que la classe ouvrière se trouve souvent prise au dépourvu par la guerre et la révolution. Mais, même quand l’ancienne direction a révélé sa propre corruption interne, la classe ne peut pas improviser immédiatement une direction nouvelle, surtout si elle n’a pas hérité de la période précédente des cadres révolutionnaires solides capables de mettre à profit l’écroulement du vieux parti dirigeant. L’interprétation marxiste, entre une classe et sa direction, ne laisse pas pierre sur pierre des sophismes légalistes de notre auteur.
Celui-ci conçoit la maturité du prolétariat comme un phénomène purement statique. Pourtant, au cours d’une révolution, la conscience de classe est le processus le plus dynamique qui soit, celui qui détermine directement le cours de la révolution. Est-il possible, pour janvier 1917, ou même mars, après le renversement du tsarisme, de répondre à la question de savoir si le prolétariat russe avait suffisamment « mûri » pour conquérir le pouvoir en huit ou neuf mois ? La classe ouvrière était à ce moment extrêmement hétérogène, socialement et politiquement. Durant les années de guerre, elle avait été renouvelée à 30 ou 40 % à partir des rangs de la petite bourgeoisie, souvent réactionnaire, aux dépens des paysans arriérés, aux dépens des femmes et des jeunes. Le parti bolchevique n’était suivi en mars 1917 que d’une insignifiante minorité de la classe ouvrière, et, de plus, la discorde régnait en son sein. Une écrasante majorité des ouvriers soutenait les mencheviks et les « socialistes-révolutionnaires », c’est à dire des social-patriotes conservateurs. La situation était encore moins favorable pour l’armée et la paysannerie. Il faut encore mentionner le niveau culturel généralement bas du pays, le manque d’expérience politique dans les couches les plus larges du prolétariat, particulièrement dans les provinces, pour ne pas parler des paysans et des soldats.
Quel était l’actif du bolchevisme ? Lénine seul possédait une conception révolutionnaire claire, élaborée dans les moindres détails, au début de la révolution. Les cadres russes du parti étaient éparpillés et passablement désorientés. Mais celui-ci avait de l’autorité sur les ouvriers avancés, Lénine avait une grande autorité sur les cadres du parti. Sa conception politique correspondait au développement réel de la révolution, et il l’ajustait à chaque événement nouveau. Ces éléments d’actif firent merveille dans une situation révolutionnaire, c’est à dire dans les conditions d’une lutte de classe acharnée. Le parti aligna rapidement sa politique jusqu’à la faire répondre à la conception de Lénine, c’est à dire au cours véritable de la révolution. Grâce à cela, il trouva un ferme soutien chez des dizaines de milliers de travailleurs avancés. En quelques mois, en se fondant sur le développement de la révolution, le parti fut capable de convaincre la majorité des travailleurs de la justesse de ses mots d’ordre. Cette majorité, organisée dans les soviets, fut à son tour capable d’attirer les ouvriers et les paysans. Comment ce développement dynamique, dialectique, pourrait-il être épuisé par une formule de « maturité » ou d’ « immaturité » du prolétariat ? Un facteur colossal de la maturité du prolétariat russe en février 1917 était Lénine. Il n’était pas tombé du ciel. Il incarnait la tradition révolutionnaire de la classe ouvrière. Car, pour que les mots d’ordre de Lénine puissent trouver le chemin des masses, il fallait qu’existent des cadres, aussi faibles aient-ils été au début ; il fallait que ces cadres aient confiance dans leur direction, une confiance fondée sur l’expérience du passé. Rejeter ces éléments de ses calculs, c’est tout simplement ignorer la révolution vivante, lui substituer une abstraction, « le rapport de forces », car le développement des forces ne cesse de se modifier rapidement sous l’impact des changements dans la conscience du prolétariat, du fait que les couches avancées attirent les plus arriérées, que la classe prend confiance en ses propres forces. L’élément principal, vital, de ce processus, c’est le parti, de même que l’élément principal et vital du parti, c’est sa direction. Le rôle et la responsabilité de la direction dans une époque révolutionnaire sont d’une importance colossale.
La victoire d’Octobre constitue un sérieux témoignage de la « maturité » du prolétariat. Mais elle est relative. Quelques années plus tard, c’est ce même prolétariat qui a permis que la révolution fût étranglée par une bureaucratie issue de ses propres rangs. La victoire n’est pas du tout le fruit mûr de la « maturité » du prolétariat. La victoire est une tâche stratégique. Il est nécessaire d’utiliser les conditions favorables d’une crise révolutionnaire afin de mobiliser les masses ; en prenant comme point de départ le niveau donné de leur « maturité », il est nécessaire de les pousser à aller de l’avant, de leur apprendre à se rendre compte que l’ennemi n’est absolument pas omnipotent, qu’il est déchiré de contradictions, que la panique règne derrière son imposante façade. Si le parti bolchevique n’avait pas réussi à mener à bien ce travail, on ne pourrait même pas parler de révolution prolétarienne. Les soviets auraient été écrasés par la contre-révolution, et les petits sages de tous les pays auraient écrit des articles ou des livres dont le leit-motiv aurait été que seuls des visionnaires impénitents, pouvaient rêver en Russie de la dictature d’un prolétariat si faible numériquement et si peu mûr.
Tout aussi abstraite, pédante et fausse est la référence à la « carence » de la paysannerie. Où et quand notre sage a-t-il vu, dans une société capitaliste, une paysannerie avec un programme révolutionnaire indépendant ou une capacité indépendante d’action révolutionnaire ? La paysannerie peut jouer dans la révolution un rôle immense, mais seulement un rôle auxiliaire.
Dans bien des cas, les paysans espagnols ont agi avec audace et combattu avec courage. Mais, pour soulever la masse de la paysannerie toute entière, il aurait fallu que le prolétariat donne l’exemple d’un soulèvement décisif contre la bourgeoisie et inspire aux paysans confiance dans la possibilité de la victoire. Or l’initiative révolutionnaire du prolétariat lui-même était à chaque pas paralysé par ses propres organisations.
L’ « immaturité » du prolétariat, la « carence » de la paysannerie, ne sont des facteurs ni ultimes ni fondamentaux dans les événements historiques. Ce qui sous-tend la conscience des classes, c’est un système de production spécifique, lequel est à son tour déterminé par le niveau de développement des forces productives. Pourquoi ne pas expliquer alors que la défaite du prolétariat a été déterminée par le bas niveau de sa technologie ?
Notre auteur substitue un déterminisme mécanique au conditionnement dialectique du processus historique. De là, ces faciles railleries sur le rôle des individus, bons ou mauvais. L’histoire est un processus de lutte de classes. Mais les classes ne pèsent pas de tout leur poids automatiquement ni simultanément. Dans le processus de la lutte, les classes créent des organes différents qui jouent un rôle important et indépendant, et sont sujets à des déformations. C’est cela qui nous permet également de comprendre le rôle des personnalités dans l’histoire. Il existe naturellement de grandes causes objectives qui ont engendré le régime autocratique hitlérien, mais seuls de pédants et obtus professeurs de « déterminisme » pourraient nier aujourd’hui l’immense rôle historique qu’a joué Hitler lui-même. L’arrivée à Petrograd de Lénine, le 3 avril 1917, a fait prendre au parti bolchevique le tournant à temps, et lui a permis de mener la révolution à la victoire. Nos sages pourraient dire que, si Lénine était mort à l’étranger au début 1917, la révolution d’Octobre aurait eu lieu « de la même façon ». Mais ce n’est pas vrai. Lénine constituait un des éléments vivants du processus historique. Il incarnait l’expérience et la perspicacité de la section la plus active du prolétariat. Son apparition au bon moment dans l’arène de la révolution était nécessaire afin de mobiliser l’avant-garde et de lui offrir la possibilité de conquérir la classe ouvrière et les masses paysannes. Dans les moments cruciaux de tournants historiques, la direction politique peut devenir un facteur aussi décisif que l’est celui du commandant en chef aux moments critiques de la guerre. L’histoire n’est pas un processus automatique. Autrement, pourquoi des dirigeants ? Pourquoi des partis ? Pourquoi des programmes ? Pourquoi des luttes théoriques ?
« Mais pourquoi diable », avons-nous déjà entendu demander notre auteur, « les masses révolutionnaires, qui ont lâché leurs anciens dirigeants, se sont-elles rangées sous les drapeaux du PC ? » La question est mal posée. Il est faux de dire que les masses avaient lâché tous leurs anciens dirigeants. Les ouvriers qui étaient auparavant liés à des organisations données ont continué à s’accrocher à elles, tout en observant et en contrôlant. D’une manière générale, les ouvriers ne rompent pas facilement avec le parti qui les a éveillé à la vie consciente. D’autant plus qu’ils ont été abusés par le système de protection mutuelle qui existait à l’intérieur du Front populaire : puisque tout le monde était d’accord, c’est que tout était bien. Les masses nouvelles, fraîchement éveillées, se tournaient naturellement vers le Cominterm comme le parti qui avait réalisé la seule révolution victorieuse et qui, espérait-on, était capable de fournir des armes à l’Espagne. Qui plus est, le Cominterm était le champion le plus zélé de l’idée de Front populaire, et cela inspirait confiance aux couches d’ouvriers inexpérimentés. Au sein du Front populaire, le Cominterm était le champion le plus zélé du caractère bourgeois de la révolution : cela inspirait confiance à la petite et à une partie de la moyenne bourgeoisie. Voilà pourquoi les masses « se rangèrent sous les drapeaux du PC ».
Notre auteur traite cette question comme si le prolétariat se trouvait dans un magasin bien approvisionné pour y choisir une paire de bottes neuves. Mais on sait bien que même une opération aussi simple ne se solde pas toujours par un succès. Quand il s’agit d’une nouvelle direction, le choix est très limité. Ce n’est que peu à peu, et seulement sur la base de leur propre expérience à travers les diverses étapes, que les couches les plus larges des masses finissent par se convaincre que la nouvelle direction est plus ferme, plus sûre, plus loyale que l’ancienne. Il est certain que, dans le cours d’une révolution, c’est à dire quand les événements se succèdent sur un rythme accéléré, un parti faible peut rapidement devenir un parti puissant, à condition seulement qu’il comprenne lucidement le cours de la révolution et possède des cadres éprouvés qui ne se laissent pas griser de mots ni terroriser par la répression. Mais il faut qu’un tel parti existe bien avant la révolution, dans la mesure où le processus de formation de cadres exige des délais considérables et où la révolution n’en laisse pas le temps.
Le POUM était en Espagne à la gauche de tous les autres partis, et il comptait incontestablement dans ses rangs de solides attaches antérieures avec l’anarchisme. Or ce parti joua, précisément, un rôle funeste dans le développement de la révolution espagnole. Il n’a pas pu devenir un parti de masses, parce que, pour le devenir, il lui aurait fallu auparavant démolir les autres partis et que cela n’était possible que par une lutte sans compromission, une dénonciation impitoyable de leur caractère bourgeois. Or le POUM, tout en critiquant les anciens partis, se subordonnait à eux dans toutes les questions fondamentales. Il a participé au bloc électoral « populaire » ; il est entré dans le gouvernement qui a liquidé les comités ouvriers ; il a lutté pour reconstituer cette coalition gouvernementale ; il a capitulé à chaque instant devant la direction anarchiste ; en fonction de tout ce qui précède, il a mené dans les syndicats une politique fausse ; il a pris une attitude hésitante et non révolutionnaire à l’égard de l’insurrection de mai 1937. Sous l’angle d’un déterminisme général, on peut, bien sûr, admettre que sa politique n’était pas accidentelle. Tout, dans ce monde, a une cause. Néanmoins, la série de celles qui ont donné au POUM son caractère centriste ne constitue en rien un simple reflet de l’état du prolétariat catalan ou espagnol. Deux séries causales ont avancé en direction l’une de l’autre, sous un certain angle, et, à un moment donné, sont entrées en conflit. Il est possible, en faisant entrer en ligne de compte son expérience internationale antérieure, l’influence de Moscou, celle d’un certain nombre de défaites, etc., d’expliquer politiquement et psychologiquement pourquoi le POUM a été un parti centriste.
Mais cela ne modifie en rien ce caractère centriste. Ni le fait qu’un parti centriste joue inéluctablement le rôle de frein dans la révolution, qu’il doit, à tous les coups, se briser le crâne, et qu’il peut conduire la révolution à son écrasement. Cela ne change rien au fait que les masses catalanes étaient beaucoup plus révolutionnaires que le POUM lequel, à son tour, était beaucoup plus révolutionnaire que sa direction. Dans ces conditions, reporter la responsabilité de la fausse politique suivie sur l’ « irresponsabilité » des masses, c’est s’engager dans le charlatanisme le plus pur – un moyen auquel ont fréquemment recours les banqueroutiers de la politique.
La falsification historique consiste à attribuer la responsabilité de la défaite espagnole aux masses ouvrières, et non aux partis qui ont paralysé, ou purement et simplement écrasé, le mouvement révolutionnaire des masses. Les avocats du POUM contestent tout simplement le fait que les dirigeants portent quelque responsabilité que ce soit, afin d’éviter d’avoir à assumer leurs propres responsabilités. Cette philosophie de l’impuissance, qui cherche à faire accepter les défaites comme de nécessaires anneaux dans la chaîne des développements cosmiques, est parfaitement incapable de poser, et se refuse à poser, la question du rôle des facteurs aussi concrets que les programmes, les partis, les personnalités qui furent les organisateurs de la défaite. Cette philosophie du fatalisme et de la prostration est diamétralement opposé au marxisme, théorie de l’action révolutionnaire.
La guerre civile est un processus au cours duquel on accomplit par des moyens militaires les tâches politiques. Si l’issue d’une telle guerre était déterminée par l’ « état des forces de classe », la guerre elle-même ne serait pas nécessaire. La guerre a sa propre organisation, ses propres méthodes, sa propre direction, qui déterminent directement son issue. Naturellement, l’ « état des forces de classes » sert de fondement à tous les autres facteurs politiques, mais, de même que les fondations d’un immeuble ne diminuent pas l’importance que peuvent avoir les murs, les fenêtres, les portes, les toits, de même l’ « état des forces de classes » ne diminue en rien l’importance des partis, de leur stratégie et de leur direction. En dissolvant le concret dans l’abstrait, nos sages se sont en réalité arrêtés à mi-chemin. La réponse la plus « profonde » au problème posé aurait été de déclarer que la défaite du prolétariat espagnol était due au développement insuffisant des forces productives. Mais une telle explication est à la portée de n’importe quel imbécile.
En réduisant à zéro la signification du parti et de sa direction, ces sages nient la possibilité d’une victoire révolutionnaire en général. Car il n’y a pas la moindre raison d’escompter jouir de conditions plus favorables. Le capitalisme a cessé de progresser, le prolétariat n’augmente plus en nombre, c’est au contraire l’armée des chômeurs qui augmente, ce qui n’accroît pas, mais réduit la puissance de combat du prolétariat, et produit également dans sa conscience un effet négatif. De même, il n’y a aucune raison de croire que la paysannerie soit capable, sous le régime capitaliste, d’atteindre une conscience révolutionnaire plus élevée. La conclusion de l’analyse de notre auteur est donc le plus total pessimisme, l’abandon progressif des perspectives révolutionnaires. Mais, pour être justes, il faut ajouter que nos sages ne comprennent même pas eux-mêmes ce qu’ils disent.
En fait, ce qu’ils réclament de la conscience des masses est absolument fantastique. Les ouvriers espagnols, de même que les paysans espagnols, ont donné le maximum de ce que les classes sont capables de donner dans une situation révolutionnaire : ce que nous devons avoir à l’esprit, c’est justement une classe faite de millions et de dizaines de millions de tels individus.
Mais Que faire ? ne représente qu’une de ces petites écoles, églises ou chapelles qui s’effraient du cours de la lutte des classes et de l’assaut de la réaction, et publient leurs petits journaux et leurs revues théoriques dans leur coin, sur des chemins écartés, loin des développements réels de la pensée révolutionnaire, pour ne pas parler du mouvement des masses.
Le prolétariat espagnol a été victime d’une coalition formée des impérialistes, des républicains espagnols, des socialistes, des anarchistes, des staliniens, et, sur le flanc gauche, du POUM. A eux tous, ils ont paralysé la révolution socialiste que le prolétariat espagnol avait commencé à réaliser. Il n’est pas facile de venir à bout d’une révolution socialiste. Personne n’a encore trouvé pour cela d’autres méthodes que la répression féroce, le massacre de l’avant-garde, l’exécution des dirigeants, etc. Le POUM, bien sûr, ne voulait pas cela. Il voulait, d’une part, participer au gouvernement républicain et s’intégrer, comme une opposition pacifique et loyale, dans le bloc général des partis dirigeants, et, d’autre part, entretenir avec eux de paisibles relations de camaraderie à une époque de guerre civile implacable. C’est précisément pour cela qu’il a été victime des contradictions de sa propre politique. A l’intérieur du bloc républicain, ce sont les staliniens qui ont suivi la politique la plus cohérente. Ils ont constitué l’avant-garde combattante de la contre-révolution bourgeoise-républicaine. Ils voulaient éliminer la nécessité du fascisme, en prouvant à la bourgeoisie espagnole et mondiale qu’ils étaient capable d’étrangler eux-mêmes la révolution espagnole sous le drapeau de la « démocratie ». C’était là l’essence de leur politique. Les banqueroutiers du Front populaire espagnol essaient aujourd’hui de rejeter le blâme sur le GPU. Je crois qu’on ne peut nous suspecter d’indulgence pour les crimes du GPU. Mais nous voyons clairement, et nous disons aux travailleurs que le GPU en la circonstance, n’a agi qu’en qualité de détachement le plus résolu au service du Front populaire. C’est là que résidait la force du GPU. C’est en cela que consistait le rôle historique de Staline. Seul un philistin ignorant peut écarter cette réalité par de petites plaisanteries stupides sur le « chef des démons ».
Ces messieurs ne se posent même pas la question du caractère social de la révolution. Les laquais de Moscou, pour le compte de l’Angleterre et de la France, ont proclamé que la révolution espagnole était une révolution bourgeoise. C’est sur cette fraude qu’a été bâtie la politique perfide du Front populaire, politique qui aurait en outre été complètement fausse même si la révolution espagnole avait été réellement une révolution bourgeoise. Mais, dès le début, la révolution a manifesté avec beaucoup plus de netteté que la révolution de 1917 en Russie son caractère prolétarien. Il y a aujourd’hui à la direction du POUM des gens qui trouvent que la politique d’Andrés Nin a été trop « gauchiste », que la ligne vraiment correcte aurait été de demeurer le flanc gauche du Front populaire. Le vrai malheur, c’est que Nin, se couvrant de l’autorité de Lénine et de la révolution d’Octobre, ne pouvait se faire à l’idée de rompre avec le Front populaire. Victor Serge, qui s’est empressé de se compromettre, par sa frivolité, dans toutes les questions sérieuses, écrit que Nin ne voulait pas se soumettre à des ordres venus d’Oslo ou Coyoacan. Un homme sérieux peut-il réellement réduire à des commérages aussi mesquins la question du contenu de classe de la révolution ? Les sages de Que faire ? n’ont aucune espèce de réponse à donner à cette question. Ils ne comprennent même pas la signification de la question elle-même. Quelle peut être, au vrai, la signification du fait que le prolétariat, « qui manquait de maturité », a créé ses propres organes de pouvoir, tenté de régler la production après s’être emparé des entreprises, cependant que le POUM s’employait de toutes ses forces à ne pas rompre avec les anarchistes bourgeois qui, alliés aux républicains bourgeois et aux non moins bourgeois socialistes et staliniens, attaquaient et étranglaient la révolution prolétarienne ? De telles bagatelles n’offrent évidemment d’intérêt que pour des représentants d’une « orthodoxie desséchée ». Les sages de Que faire ? possèdent, à la place, un instrument spécial qui leur permet de mesurer la maturité du prolétariat et le rapport des forces, indépendamment de toutes les questions de stratégie révolutionnaire de classe.

11 juillet 2014

QUE RESTE-T-IL DE LA REVOLUTION D'OCTOBRE? PAR JEAN-JACQUES MARIE

Voici un article extrait du n° 70 de la Vérité revue théorique de la IVème internationale

 

 

Que reste-t-il de la révolution d’Octobre ?
par Jean-Jacques Marie
février 2011

“PLUS PERSONNE POUR PRENDRE LA CHOSE AU SÉRIEUX” ?

Dans sa biographie de Lénine, l’ancien chef adjoint de la direction politique de l’armée soviétique, le nomenklaturiste Volkogonov, rejette la révolution russe en affirmant : “La fin du capitalisme ? Il n’est plus personne pour prendre la chose au sérieux”[[Dimitri Volkogonov, {Le vrai Lénine}, Paris, 1994, p. 352.]]. L’historien américain Martin Malia, dans {La Tragédie soviétique}, déclare à peu près la même chose : “Dans le monde réel, il n’existe que le capitalisme sauvage et des formes de capitalisme tempéré par des régulations économiques et par des systèmes de Sécurité sociale qu’on appelle Etat providence”[[{L’Histoire}, n° 223, p. 103.]]. Le capitalisme serait l’horizon ultime de l’histoire. Ce qu’affirment le nomenklaturiste Volkogonov et l’américain Malia est le point de départ de tous ceux qui présentent Octobre 1917 comme un viol de l’histoire aboutissant inéluctablement au stalinisme, à ses caractéristiques totalitaires et à ses horreurs. Le stalinisme serait la conséquence logique d’une révolution qui se donnait comme objectif d’abolir le système de la propriété privée des moyens de production, parce que ce dernier système serait intangible...

LE NETTOYAGE DES ÉCURIES D’AUGIAS

Le 19 octobre 1921, Lénine publie un long article dans la Pravda pour célébrer le quatrième anniversaire de la révolution d’Octobre. Il en dresse un bilan à la fois satisfait et critique. Il écrit : “La révolution en Russie s’assignait comme objectif direct, immédiat une tâche démocratique bourgeoise : supprimer les vestiges du Moyen Age, les faire disparaître à jamais, nettoyer la Russie de cette barbarie, de cette honte, de ce qui freinait démesurément toute culture et tout progrès dans notre pays. Et nous sommes en droit d’être fiers d’avoir opéré ce nettoyage beaucoup plus résolument, plus vite, plus hardiment avec beaucoup plus de succès, d’ampleur et de profondeur (...) que ne l’avait fait la grande Révolution française, il y a plus de 125 ans (...). Quelles étaient les manifestations essentielles, survivances et vestiges du servage en Russie à la veille de 1917 ? La monarchie, les castes, la propriété terrienne et la jouissance du sol, la situation de la femme, la religion, l’oppression des nationalités (...). Prenez n’importe laquelle de ces écuries d’Augias, vous verrez que nous les avons nettoyées à fond”[[Lénine, Œuvres complètes, tome 33, pp. 43-44.]].

LES CONQUÊTES DÉMOCRATIQUES ET SOCIALES

De fait, dès les premiers mois de la révolution, les bolcheviks ont pris les mesures démocratiques — que le gouvernement provisoire avait omis de prendre tant il était soucieux d’abord de poursuivre la guerre —, supprimé les castes sociales, décrété la séparation de l’Eglise et de l’Etat, de l’Eglise et de l’Ecole, instauré le mariage civil et le droit au divorce, créé un état-civil (alors que jusqu’alors les églises — surtout, bien entendu, l’Eglise orthodoxe — en avait le monopole de même qu’elle seule avait le droit de prononcer un mariage), décrété le droit à l’avortement et l’annulation des dettes des emprunts russes levés par Nicolas II pour moderniser son armée, nationalisé les banques et les grandes entreprises, instauré le droit au travail qui n’est pas du tout la même chose que le droit de vendre sa force de travail sans avoir la garantie que quelqu’un vous l’achète. La révolution d’Octobre a liquidé l’analphabétisme (alors qu’à la veille de la Première Guerre mondiale 61 % des appelés dans l’Empire tsariste étaient analphabètes), assuré un développement massif de la lecture, créé un enseignement de haut niveau dans certains domaines scientifiques où l’URSS fut même en pointe, comme les mathématiques. Elle a enfin instauré la planification économique, qui, malgré l’engorgement bureaucratique et une hypercentralisation mortelle, a permis de concentrer les efforts sur des secteurs de pointe décisifs au point que les soviétiques ont envoyé le premier spoutnik et le premier homme dans l’espace. Auparavant, cette planification, quoique dévoyée, avait permis à l’URSS de passer d’une société ruinée, disloquée au rang de grande puissance industrielle capable, lors de la Seconde Guerre mondiale, de produire plus d’armes que l’Allemagne nazie qui utilisait pourtant tout le potentiel industriel de l’Europe occupée. Ainsi, en janvier 1944, l’URSS dispose de 148 610 canons et mortiers, contre 68 000 pour la Wehrmacht sur le front russe, de 11 732 chars, contre 12 000 à la Wehrmacht et de 20 672 avions de combat contre 5 500 avions allemands.

UN NETTOYAGE DÉFINITIF ?

Si ces écuries d’Augias ont alors été nettoyées à fond, elles ne pouvaient l’être définitivement que si la vague révolutionnaire de 1917-1918 parvenait à balayer les régimes en place dans les principaux Etats bourgeois européens. Sinon, la réaction qui ne pouvait manquer de triompher en Russie les remettrait en question. En 1922, Trotsky expliquait aux dirigeants du Parti communiste français : “La République soviétique russe n’est pour nous qu’un point de départ de la révolution européenne et mondiale dont les intérêts priment tout (...). L’intérêt de la République des Soviets ne peut être autre que l’intérêt du mouvement révolutionnaire mondial” car “la république ouvrière russe ne peut pas se soustraire artificiellement aux conditions de l’économie capitaliste”[[Trotsky, Le Mouvement communiste en France, Paris, 1967, pp. 117 et 152.]], c’est-à-dire au marché mondial et à la division internationale du travail. Son sort est donc étroitement lié au sort de la révolution ailleurs, et d’abord en Europe. Son échec provoque une réaction qui ne rétablit pas le capitalisme en Russie soviétique mais développe une bureaucratie parasitaire qui finit par détruire l’Union soviétique. Que subsiste-t-il de ce que la révolution a apporté à la Russie malgré la réaction stalinienne ? Si l’on pose la question à un jeune russe, il répondra sans doute : pas grand chose ! Il reste le droit au divorce, le droit à l’avortement, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, de l’Eglise et de l’Ecole, mais de plus en plus formelle car de plus en plus bafouée dans la réalité. Les dignitaires de l’Eglise orthodoxe participent à toutes les cérémonies officielles et officieuses de l’Etat, jusqu’à bénir les équipes sportives russes sans que leurs résultats s’en trouvent, d’ailleurs, améliorés pour autant. Il reste quelques acquis sociaux pour les retraités, les anciens combattants. Enfin et surtout, la propriété privée n’a pas été complètement rétablie. Les mésaventures de Khodorkovski le soulignent : d’un revers de main, les richesses qu’il avait volées et accumulées lui ont été confisquées dans des conditions étrangères aux règles juridiques qui, dans un Etat bourgeois, protègent la propriété privée. Malgré les privatisations-pillage massives, le développement du chômage, la dislocation de secteurs industriels entiers, environ 40 % de la propriété est officiellement encore propriété d’Etat. Le chiffre est à peu près le même en Ukraine et plus élevé en Biélorussie. {{{

LA NOMENKLATURA HIER ET AUJOURD’HUI

}}} Mais on peut s’interroger. Faut-il considérer ce maintien comme un reste, même entaché et dénaturé, de l’expropriation du capital réalisée par Octobre alors que ces conglomérats d’Etat sont entièrement entre les mains des clans qui se partagent le pouvoir ? Certes, la bureaucratie ou nomenklatura, hier, contrôlait et ponctionnait la propriété d’Etat. Mais aujourd’hui, les clans issus de son éclatement comme couche sociale ne constituent pas une caste qui contrôle les restes de la propriété d’Etat, mais de petits groupes mafieux hissés au sommet de l’Etat qui utilisent le pouvoir d’Etat pour s’approprier les énormes richesses produites par ces monopoles d’Etat dont ils se partagent les actions. Auprès de ces richesses, les privilèges dont usaient Khrouchtchev, Brejnev ou Andropov paraissent dérisoires et, comme le souligne par exemple le cas de Khrouchtchev, s’évanouissaient avec la perte du pouvoir. {{

DEUX HÉRITAGES

}} Fondamentalement, la révolution d’Octobre a laissé deux héritages. Le développement de l’industrie de 1928 à la chute de l’URSS a donné naissance à une classe ouvrière, c’est-à-dire une classe de producteurs de marchandises qui, en Russie, représente encore environ quarante millions d’hommes et de femmes et qui ont donc un poids social réel. Cet acquis, et le poids qu’il représente, se traduit par exemple par le maintien de l’usine d’automobiles d’Avtovaz à Togliatti avec ses quelque 130 000 ouvriers et employés. Le meilleur signe de ce poids est peut-être le fait que Poutine, pour parvenir à supprimer 36 000 emplois, a convoqué, le 1er novembre 2010, Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan, pour exiger qu’il prenne en fait le contrôle de l’entreprise et fasse le travail. Le signe inverse de ce poids réel, ce sont tous les efforts déployés pour interdire que se créent de vrais partis et de vrais syndicats, pour interdire que ce poids social se traduise de façon organisée. {{{

ILS ONT OSÉ

}}} Le principal acquis d’Octobre 1917 est néanmoins ailleurs et plus profond. Rosa Luxemburg, la révolutionnaire allemande, l’a défini peu avant d’être assassinée par des officiers à la solde des sociaux-démocrates au pouvoir. Elle conclut sa brochure critique sur la révolution russe en soulignant : “Les bolcheviks ont montré qu’ils peuvent faire tout ce qu’un parti vraiment révolutionnaire peut faire dans les limites des possibilités historiques (...). Une révolution prolétarienne modèle et impeccable dans un pays isolé, épuisé par la guerre, étranglé par l’impérialisme, trahi par le prolétariat international serait un miracle (...). Dans cette dernière période où nous sommes à la veille des luttes décisives dans le monde entier, le problème le plus important du socialisme est précisément la question brûlante du moment, non pas telle ou telle question de détail de la tactique, mais la capacité d’action du prolétariat, la combativité des masses, la volonté de réaliser le socialisme. Sous ce rapport Lénine et Trotsky sont jusqu’ici encore les seuls qui puissent s’écrier avec Hutten [héros de Schiller] : j’ai osé (...). Ils ont fait faire un pas énorme dans la voie du règlement de compte final entre le capital et le travail dans le monde entier”[[Rosa Luxemburg, “La Révolution russe”, Spartacus, janvier 1937, n° 4, pp. 29 et 30.]]. Ils ont en effet osé briser le joug du capital, des banquiers, de la Bourse, de la spéculation financière déchaînée qui mène le monde de crise en crise et de guerre en guerre. Ils ont osé briser le joug d’un système fondé sur la propriété privée des moyens de production soumis aux maîtres des marchés, banquiers, financiers et spéculateurs en tous genres à l’ombre tutélaire desquels s’ébrouent députés, ministres et présidents. Ils ont osé briser le joug d’un système qui débouche sur ce que le président George W. Bush appelait cyniquement “la guerre sans fin”. Ils ont osé montrer que c’était possible. Rosa Luxemburg affirmait : “En Russie, le problème ne pouvait être que posé.” Les bolcheviks ont pourtant fait plus que le poser : ils ont commencé à le régler. Il ne pouvait être réglé complètement et résolu qu’à l’échelle de l’Europe entière puis du monde. Et leur audace a finalement, mais momentanément, échoué, car toutes les forces attachées au maintien du règne du capital, à commencer par la social-démocratie, ont empêché que la révolution ne puisse s’étendre à d’autres pays, et d’abord à l’Allemagne, et elle est restée cantonnée à un seul pays qui plus est arriéré, pauvre, ruiné, aux trois quarts détruit. {{{

LA RÉVOLUTION POLITIQUE N’EST QUE LA MOITIÉ DE LA RÉVOLUTION

L’exemple le plus caractéristique, en dehors de l’ Allemagne, de cette politique criminelle et de ses résultats est celui de l’Autriche. La monarchie austro-hongroise s’effondre à la fin de novembre 1918, deux semaines après la monarchie allemande. Les sociaux-démocrates, qui lors de la grève générale de janvier 1918 avaient tout fait pour casser le mouvement et sauver la monarchie, sont portés au pouvoir à Vienne. Le dirigeant de leur aile gauche, Otto Bauer, ministre des Affaires étrangères, puis président de la commission de socialisation de l’Assemblée nationale, dresse de son pays un tableau qui vaut pour toute l’Europe en guerre et définit la politique de la social-démocratie. Il constate d’abord que la terre ne produit plus rien, l’outillage est usé, les chemins de fer sont hors d’état de marche : “Toute la richesse de la société est détruite.” La guerre a ruiné tous les peuples mais ceux de l’Europe centrale, vaincus, devront encore dans leur misère, payer aux vainqueurs un impôt gigantesque. Tous les ingrédients d’une situation révolutionnaire sont réunis, sauf un parti qui veuille transformer en révolution sociale la misère et la colère des peuples. Otto Bauer explique en effet : la révolution politique est achevée en Autriche, mais “la révolution politique n’est que la moitié de la Révolution (...), elle ne supprime pas l’exploitation économique et bien plutôt, elle la rend plus directement sensible. Avons-nous détruit la toute-puissance de l’empereur pour demeurer assujettis à la toute puissance du capitalisme ? Avons-nous donc brisé la tyrannie des généraux, des bureaucrates, des nobles féodaux pour demeurer les valets des directeurs de banque, des magnats des cartels, des barons de la Bourse ? Voilà ce que demandent les masses ouvrières.” Otto Bauer leur répond oui. Ils doivent demeurer assujettis et valets en attendant des temps meilleurs, mais indéterminés. Il poursuit pourtant : “La demi-révolution éveille la volonté d’une révolution sociale. Le bouleversement politique éveille la volonté de la révolution sociale. La victoire de la démocratie inaugure la lutte pour le socialisme.” Mais, conclut Bauer, il ne faut pas s’y engager, c’est impossible : si les travailleurs s’emparaient des entreprises, ils provoqueraient “une guerre civile sanglante (...) qui détruirait une quantité énorme de moyens de production, de machines, de matériel, de chemin de fer (...). Les capitalistes de l’étranger nous refuseraient les matières premières dont nous avons besoin et le crédit indispensable pour nous les procurer ; l’Amérique et l’Europe maintiendraient le blocus, nos industries devraient s’arrêter pour longtemps faute de matières premières.” En un mot, il est impossible de mettre fin au régime de la propriété privée parce que les capitalistes ne l’accepteraient pas et provoqueraient la guerre civile. Faudrait-il donc attendre qu’ils l’admettent ? Otto Bauer ajoute : “La plupart des directeurs, ingénieurs, administrateurs, techniciens, des employés nous refuseraient leur collaboration.” Or les ouvriers, incompétents, dit Bauer, ne peuvent les remplacer ; la guerre civile, d’ailleurs, les absorberait {“et les rendrait inaptes au travail”}[[Otto Bauer et la révolution, EDI, 1968 pp. 87 à 91.]]. La misère s’aggraverait et la désillusion pousserait les travailleurs dans les bras de la réaction. 

DE LA “RÉVOLUTION LENTE” À LA CONTRE-RÉVOLUTION

 Otto Bauer déduit de ce tableau, inspiré de la situation en Russie, qu’après la révolution politique qui a renversé la monarchie, la révolution sociale doit être différée pour obtenir la collaboration des capitalistes, des directeurs et des hauts fonctionnaires. Puisqu’il faut donc attendre que les capitalistes soient d’accord pour instaurer le socialisme... mieux vaut être patient ! Et Otto Bauer conclut : “La révolution sociale devra être le résultat du travail hardi, mais aussi réfléchi de beaucoup d’années.” De tant d’années qu’il n’en verra jamais le bout. Il qualifie son schéma de révolution lente... si lente qu’elle aboutira à la contre-révolution. Quinze ans plus tard, en février 1934, le régime corporatiste social-chrétien du chancelier Dollfuss écrasera au canon les faubourgs ouvriers de Vienne, dissoudra la social-démocratie autrichienne (contraignant Bauer et les dirigeants sociaux-démocrates autrichiens à fuir, à se réfugier en Tchécoslovaquie avant même la fin des combats !) et ouvrira la porte au fascisme qui s’installera triomphant en Autriche en 1938. Le sabotage de la révolution allemande par la social-démocratie allemande en 1919 a, de la même façon, ouvert la voie au nazisme dont l’un des buts premiers était la destruction de l’Union soviétique et du bolchevisme. Il a fallu une guerre mondiale, ses destructions immenses et ses soixante millions de morts pour régler la facture de ce refus de la révolution sociale c’est-à-dire de la défense à tout prix de la domination du capital. Octobre 1917 a rompu avec cette passivité complaisante qui considère le capitalisme et la propriété privée des moyens de production comme l’horizon ultime de l’histoire. Octobre 1917 a, pendant des années, représenté pour des dizaines de millions de travailleurs le signe et la preuve qu’il était possible de poser les fondements d’une autre société qui les rejettent et les abolissent. Malgré la dégénérescence ultérieure de la révolution russe et tous les efforts des chantres du capital, cet acquis ne peut être effacé. Il est un élément du combat aujourd’hui pour renverser le système décomposé de la propriété privée des moyens de production dont la survie menace de détruire l’humanité et la civilisation.

11 juillet 2014

vidéo posant la question du pouvoir et de la nécessité de construire le socialisme à l'échelle mondiale

Je trouve cette vidéo trés intéressante car elle démontre assez simplement par l'intermédaire de Jean-Jacques Marie (historien spécialiste de la question Russe) l'origine du Stalinisme et de la nécessité de construire le socialisme à l'échelle mondiale pour que le monde puisse enfin sortir de cette barbarie dans laquelle nous plonge le système capitaliste. Il démontre ainsi que le stalisnisme est la négation même de la démocratie.

 

Je vous conseil donc vivement de regarder cette vidéo car elle est très démonstrative sur la nécessité de construire un parti digne de ce nom pour que la classe ouvrière véritable créatrice de richesse débarrassée de toute scorie spéculative pour lui donner enfin le pouvoir qu'on ne cesse de lui confisquer. Ce pouvoir qui lui est confisqué au nom de la sacro sainte nécessité de maintenir la propriété privée des moyens de productions chère bien évidemment aux capitalistes et aux différents pays impérialistes sans lesquels ce système ne pourrait  se perpétuer.

Ben

 

 


Jean-Jacques Marie, Staline et l'homme de censier par urbain_glandier

21 juillet 2013

Chanson rafraichissante

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4 mai 2013

Honte à ceux qui divisent la classe ouvrière

Les tenants, même d'un seul morceau de pouvoir politique et syndicale et qui continuent à défendre le seul système qui vaillent encore à leurs yeux, c'est à dire le système soutenu par l'ensemble de la classe capitaliste qui est celui de la propriété privée des moyens de productions, contribuent à organiser la division de la classe ouvrière. Ceci n'est pas une dénonciation nominative de telle ou telle personne mais la dénonciation d'un système qui organise le pillage de la force productive des travailleurs au moyen de l'extorsion de la plus value au sens marxiste. Alors que nous observons l'effondrement généralisé de ce système qui était  voué dès le départ à nous mener de crise en crise. Mais là au moment où ce système est voué à l'agonie, ceux qui ne voient pas d'alternative à celui-ci sont prêts à le défendre  en s'en faisant les alliés objectifs conscients ou inconscients. En effet  en réalité ils ne croient pas qu'il y ait une véritable alternative possible à ce système  et mettent en oeuvre malgrè le sens de l'histoire qui est celui de la réalité de la lutte de classe décrite dans le manifeste du parti communiste. Et pour cela les défenseurs de la propriété privée des moyens de productions voudraient jeter tout ce qui peut contribuer à armer au sens politique la classe ouvrière contre ce sytème c'est à dire son outil de lutte majeure, celle qui peut permettre d'inverser le rapport de force c'est à dire à contribuer à forger son unité sur le terrain de revendications communes et qui lui sont propres. C'est pour cela que le parti ouvrier indépendant (http://parti-ouvrier-independant.fr/) oeuvre inlassablement à forger l'unité des travailleurs et des peuples dans le strict respect de l'émancipation libre des peuples et c'est pour cela que ce parti est membre de l'entente internationale des travailleurs et des peuples (http://entente-internationale-des-travailleurs-eit-ilc.blogspirit.com/) en fait Trotsky a voulu forger cette unité par le biais de ce qu'il décrit dans le programme de transition et dans lequel il  affirme dès ses premières lignes le programme, qui poursuit :

« Les bavardages de toutes sortes selon lesquels les conditions historiques ne seraient pas encore “mûres” pour le socialisme ne sont que le produit de l’ignorance ou d’une tromperie consciente. Les prémisses objectives de la révolution prolétarienne ne sont pas seulement mûres ; elles ont même commencé à pourrir. Sans révolution socialiste, et cela dans la prochaine période historique, la civilisation humaine tout entière est menacée d’être emportée dans une catastrophe. Tout dépend du prolétariat, c’est-à-dire au premier chef de son avant-garde révolutionnaire. La crise historique de l’humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire.  »


C'est dans un article publié dans la revue la Vérité qu'est faite une analyse du programme de transition de Trotsky dont voici le lien http://www.quarta-internacional.org/spip.php?article180

 

Or le vote des crédits de guerre en faveur de la poursuite de l'intervention au Mali n'a obtenu aucune voie contre, c'est la raison pour laquelle je publie l'édito d'Informations Ouvrières de cette semaine et que c'est dans ce vote là que se situe la véritable collaboration de classe car la classe capitaliste a besoin des organisations ouvrières et de ceux qui y militent pour faire passer tous ces programmes en cherchant sans cesse le terrain du compromis acceptable.

 

Ben


 

 

L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

 

Zéro contre !

 

Dans le prolongement des événements italiens, certains plaident en faveur d’un gouvernement d’union nationale en France. En vérité, la situation de crise ne semble guère s’y prêter, et les institutions de la Ve République non plus.

 

Un vote intervenu ce 22 avril, au Sénat et à l’Assemblée nationale, mérite toutefois la plus grande attention. Dans les deux cas, il y eut zéro voix contre l’autorisation de prolonger l’intervention des forces armées au Mali… Zéro voix !

 

Atmosphère d’union nationale… Il est possible de « dépasser les clivages partisans autour des sujets qui touchent à l’intérêt national », proclame le président PS de la Commission des affaires étrangères au Sénat, saluant les conclusions du groupe de travail coprésidé par Chevènement et Larcher (UMP). A sa suite, tous les groupes rendent hommage à ce groupe de travail. Tous aussi saluent l’intervention militaire au Mali, y compris la sénatrice PCF Michelle Demessine, qui, annonçant l’abstention de son groupe, se félicite que « les objectifs assignés à cette intervention » aient été « pour l’essentiel atteints grâce au comportement exceptionnel de nos soldats ». Tous, droite, PS, Front de gauche, débattent de la manière d’organiser depuis Paris l’avenir du Mali.

 

Même climat à l’Assemblée nationale où le député François Asensi « positive » en ces termes l’abstention de son groupe Front de gauche : « Incontestablement, nos troupes ont enregistré des succès importants sur le terrain (…). Le maintien d’une présence militaire internationale au Mali est, à nos yeux, indispensable (…). Nous y sommes favorables (…). Bien évidemment, nous ne voterons pas contre la poursuite de la présence des forces françaises au Mali. »

 

On connaît la phrase de Clausewitz : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » L’intervention française au Mali s’inscrit dans la politique de « maintien de l’ordre » dictée par le gouvernement des Etats-Unis, qui tend à déstabiliser et disloquer toutes les nations et à s’ingérer dans leurs affaires en piétinant toute souveraineté. Elle sert les intérêts des multinationales qui convoitent les ressources naturelles fabuleuses de cette région. Elle est cohérente avec la politique d’ensemble du gouvernement Hollande-Ayrault qui, au plan intérieur, mène une guerre sociale contre les travailleurs, leurs droits, conquêtes et garanties. La guerre au Mali est bien la « continuation par d’autres moyens » de la politique anti-ouvrière et antipopulaire dictée par la troïka FMI-Commission européenne-BCE au service du capital financier.

 

Ces événements doivent particulièrement inquiéter les travailleurs et les militants à l’heure où l’Algérie est à son tour menacée.

 

Le POI a condamné l’intervention militaire au Mali dès son engagement, rejetant les prétendus motifs invoqués — la lutte pour la démocratie et contre le terrorisme — comme autant de prétextes pour en camoufler les véritables raisons.

 

Dans le cadre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples, le POI répondra à tout appel à la mobilisation internationale contre les tentatives d’ingérence ou d’intervention dans les affaires algériennes. Il le fera avec d’autant plus de détermination qu’un lien particulier unit la classe ouvrière française à la classe ouvrière et à la nation algériennes, un lien forgé notamment dans la lutte de libération nationale par laquelle le peuple algérien s’est libéré de la domination coloniale.

Non à la guerre au Mali !

Non à l’intervention militaire !

Ne touchez pas à l’Algérie !

 

 

 

 

 

16 mars 2013

Trotsky et la défense de l'URSS

Trotsky et la défense de l’URSS

par Pavlusko Imsirovic
août 2010
(La Vérité n° 69)

 

Après avoir édité l'émission de Jean-Jacques Marie sur ce blog je tiens à publier  un lien sur un article paru dans la revue la  Vérité organe de la IVème Internationale sur Trotsky et la défense de l'URSS. Je vous invite à lire cet article qui permet de bien dissocier ce qu'est d'une part le Stalinisme et d'autre part un régime qui avait pour ambition de défendre la porpriété collective des moyens de production.

 

 

pour voir cet article double cliqué sur ce lien.

http://www.quarta-internacional.org/spip.php?article176

 

Ben

 

15 mars 2013

Staline raconté par l'historien Jean Jacques Marie

Je pense que cet émission où l'invité était Jean Jacques Marie nous dévoile un peu qui était Staline et permet en partie de faire la lumière sur ce sombre personnage qui a contribué à totalement dévoyer le communisme au point que certains assimilent le communisme au Stalinisme, Et c'est là que l'on voit que le Stalinisme est le plus fidèle allié du capitalisme puisqu'il sert d'épouvantail à ceux qui auraient peur d'un système fondé sur la propriété collective des moyens de productions pour écarter l'idée qu'un tel modèle peut être au contraire facteur de démocratie et de progrès puisque ce serait un système réellement fondé sur une vraie démocratie du peuple par le peuple et pour le peuple et où la production serait enfin au service des besoins du peuple et non pas au service d'une minorité comme dans le système social actuel fondé sur la propriété privée des moyens de productions. (voir aussi le chapitre défense du Marxisme par Trotsky)

 


 

 

Jean-Jacques Marie

76 ans - Historien

 

Agrégé de lettres classiques, licencié d'histoire et diplômé en russe de l'INALCO, Jean-Jacques Marie est l'un des meilleurs spécialistes de l'histoire soviétique et du communisme. Né à Paris en 1937, entré jeune en politique, il adhère à la SFIO où Marceau Pivert, figure du courant révolutionnaire au sein du parti avant la guerre, devient son mentor. Quelques années plus tard, devenu un militant trotskyste, il adhére, de 1965 à 1981, de l'Organisation communiste internationaliste (OCI). Collaborateur de la revue L'Histoire et de La Quinzaine littéraire, il est l'auteur de biographies remarquées de Trotsky (1998 et 2006), Lénine (2004), Staline (2003) et Khrouchtchev (2010). Parmi ses autres ouvrages consacrés à l'URSS, citons L'antisémitisme en Russie de Catherine II à Poutine (2009) ou Serge Sedov. Le fils oublié de Trotsky(2012). Dernier livre paru : Staline 1878-1953. Mensonges et mirages (février 2013).

Biographie de la Documentation de Radio France, le 7 mars 2013

 

 


 

 

Ben

5 février 2013

chansons révolutionnaires

 

 

5 décembre 2012

Trotsky: Défense du Marxisme

A l'heure où il peut y avoir débat sur l'avenir de la révolution prolétarienne dans un monde de moins en moins stable du fait de la dégénerescence du système capitaliste il m'apparait intéressant de relire ou de lire en ce qui me concerne   un ouvrage à mon avis  fondamental de Léon Trotsky qui est défense du Marxisme.

En effet de nombreux travailleurs se posent la question de leur avenir et peuvent même douter qu'un système en vaille mieux qu'un autre dans un monde où on veut nous faire croire que tout est joué et qu'il n'y a de toute façon pas d'alternative. Alors que je pense au contraire que  la lutte de classe s'aiguise mais qu'aucun grand média ne veut en parler. En effet l'heure est au révisionnisme constant de l'histoire et que les sujets d'actualités qui sont traités sont aseptisés de toute idée de lutte de classe, que la révolution prolétarienne qui se met en marche dans certain pays pour peut-être s'étendre à l'ensemble du monde dans un avenir plus ou  moins proche est sans cesse déqualifiée et minimisée voir ridiculisée si ce n'est combattue par les forces les plus  réactionnaires qui redoutent par dessus tout trés précisément cette révolution en marche dans ce monde capitaliste en putréfaction et qui nous entraîne peu à peu vers encore plus de barbarie.  (exemple en France démantèlement des hôpitaux, dus système scolaire, de la fonction publique en général et de la désindustrilasitation galopante entrainant toujours plus de pauvreté et de précarité... et guerre qui tend à se généraliser à l'extérieur.)

 

Je fais cette (modeste) introduction parce que je pense que les faits sont têtus et que ce qui se passe en Tunisie en Egypte en Grèce cette lutte de classe qui s'étend  si ce n'est cette révolution qui ne cesse de progresser "risque" d'embraser le monde  , certe bien souvent dans la douleur. Or  de nombreux théoricien de tout poil nous explique ce qu'est la démocratie et  font un amalgame entre  les régimes totalitaires (fascistes et communistes).  Ce sont les mêmes qui vont   traiter de manichéens les défenseurs de la lutte de classe et les marxistes car ils représentent pour eux un véritable danger à l'heure où le gouvernement français en  appel de ses voeux pour faire passer la pilule aux travailleurs en associant les principales organisations ouvrières au compromis historique. Donc  cette ouvrage théorique d'une grande clarté qui ne fait pas d'amalgame entre un système basé sur la propriété privée des moyens de production et un système  basée sur la propriété collective des moyens de production  reste plus que jamais d'actualité.

Ben

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trotsky__d_fense_du_marxisme

 

 

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